Le décor, la boutique d’un caviste,

clos sur lui-même, reflète l’enfermement de Jacques (joliment interprété par Bernard Campan), son propriétaire, qui boit probablement plus de bouteilles qu’il n’en vend… A droite, les vins en promotion, les bourgognes et les bordeaux (« rouges » et « blancs »…), les champagnes, (« de Champagne »…). De l’autre côté, quelques vins du Roussillon, des beaujolais (anciens exclusivement), le comptoir, un coffre fort et le mystérieux flacon qu’il renferme.

Dans cet univers confiné, ne semblent entrer, sans rien y changer, que le médecin du quartier et le libraire voisin. La montre de Jacques, réglée sur un autre fuseau horaire, s’est en fait arrêtée. Jusqu’à l’arrivée plus qu’improbable d’Hortense (Isabelle Carré à la fois drôle et émouvante), une cliente, plus habituée au vin de messe, et du jeune Steve (Mounir Amamra), plus que pressé d’être embauché. Ils feront tous deux irruption dans la boutique et la vie de Jacques par la petite porte mais ce sera une bourrasque affective qui finira par remettre les pendules – de Jacques et de tous – à l’heure. 

Nos protagonistes sont désormais tous là. La dégustation peut commencer… Une dégustation au cours de laquelle chaque personnage va (ré)apprendre à reconnaître les couleurs, les senteurs et les saveurs de la vie, comme on le fait avec un bon vin.

L’histoire et le texte de cette comédie sentimentale

n’ont rien d’exceptionnel. Des mots simples – parfois bons – qui disent les choses comme on les dirait au comptoir, autour d’un petit verre justement. Mais les deux têtes d’affiche jouent juste alors on se laisse (parfois) prendre au jeu et on accepte (mieux) les dialogues plutôt faciles, la dimension assez caricaturale des situations et des personnages et la mise en scène sans grande finesse.

Finalement, aussi agaçants qu’attachants, ces personnages nous sont assez familiers dans cette humanité. Ils cachent leurs blessures derrière de solides carapaces et se protègent d’eux-mêmes et des autres. Pourtant, ils ont tous besoin des autres pour (re)vivre, enfin. Le quadra bourru a tiré un trait sur son avenir à cause du poids de son passé, la quasi vieille fille est tenaillée entre ses désirs et la rigueur de ses croyances religieuses, le jeune en mal de repères, est incapable de se sortir de la petite délinquance. Seul prisonnier au sens propre, il est, comme les deux autres, prisonnier d’un cercle dont il ne peut sortir. Ensemble, les uns grâce aux autres, ils finiront par trouver le moyen d’avancer à nouveau.

On ne ressortira pas de là bouleversé ni subjugué mais on aura quand même partagé un bon moment. Et si l’humour quelque peu facile et les calembours ne vous effraient pas, vous rirez volontiers de bon cœur. Ce fut le cas dans la salle le soir où nous avons assisté au spectacle. Sinon, vous pourriez sourire. C’est déjà bien.

Scénario: (2,5 / 5)
Décor: (3,5 / 5)
Interprétation: (3,5 / 5)
Ambiance: (3,5 / 5)

Merci à Edouard & Anne-Charlotte pour cet article !

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