Les dézingueurs de SOLD OUT ont eu le plaisir de découvrir le spectacle “De si tendres liens” au Lucernaire à Paris.

Un texte exceptionnel

L’histoire raconte le destin d’une mère seule et sa fille, dans les années 1930. Le texte évoque le contexte historique : la guerre, la difficulté d’élever seule un enfant, à cette époque etc. Mais surtout il raconte les relations complexes qu’il peut exister entre une mère et sa fille.

En effet, les rôles de dominant/ dominé s’inversent au cours de leur vie. Des années durant, la mère veille sur son enfant jusqu’à ce que… Prenant de l’âge, la mère devient l’enfant. Sa vie s’est fannée. Et l’âge l’a conduit à une vieillesse forcée.
Sa fille doit s’occuper de cette mère seule, qui ne sort plus et ne vit que par l’amour de sa fille. Cette vie qui s’achève, celle de sa mère, oblige la fille à lui être dévouée.
La boucle est bouclée. Les vies de ces femmes font écho. Et le texte le reflète incroyablement bien.
Les mots sont choisis comme si l’auteur avait analysé au peigne fin une vie entière; délicats, tendres mais aussi parfois durs. Tout y est pour déclencher une salve d’applaudissements.

Des actrices remarquables

Les deux femmes sont d’une justesse incroyable.

Clotilde Mollet, dans le rôle de la fille, alterne le rôle d’une enfant de 6 ans, d’une adolescente, d’une jeune fille puis d’une femme mariée.

Christiane Cohendy, dans le rôle de la mère, alterne la jeune mère de 30 ans, puis d’une femme mûre et enfin, une vieille dame.

Dans un décor minimaliste, et avec 2 ou 3 accessoires seulement, elles nous font voyager dans le temps. Elles incarnent à merveille, chacun de leur personnage, et permettent aux spectateurs de s’identifier, aisément, à cette relation mère-fille. D’une époque à une autre, cette relation est d’une universalité évidente. Elles font raisonner les mots et ressassent les maux, de générations qui se suivent et se ressemblent.

Le sujet évoque, forcément, passion et déchainement et on ressent, totalement, ce lien fragile et indéfectible qui unie ces deux femmes.

D’une vivacité étonnante, on retrouve, dans leur jeu, le visage de femmes que nous avons connu et aimé.

On rit, on pleure

C’est charmant ! On a l’impression de s’imisser dans la vie de ces femmes. Et on s’y attache. On rit, avec elles, et on souffre aussi.

On rit car le texte est fin et drôle, parfois.

On pleure car la vérité est brutale ! La vie est un perpétuel recommencement. Et il semblerait que personne ne puisse sortir de cette boucle sans fin. La mère porte son enfant, avant que l’enfant l’a porte. La mère devient l’enfant et l’enfant devient mère.

Les + : Le jeu des actrices, le texte

Les – : La pièce est un peu longue, le texte s’adresse à un public assez bourgeois.

Scénario: (4,0 / 5)
Décor: (3,0 / 5)
Interprétation: (4,5 / 5)
Ambiance: (3,0 / 5)

 

Auteur : Loleh Bellon
Artistes : Christiane Cohendy, Clotilde Mollet
Metteur en scène : Laurence Renn Penel

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