Le pitch : Quatre personnages se rencontrent, tombent amoureux, se disputent, se réconcilient et se retrouvent. Leur point commun ? Mona la psychanalyste ! Elle prend prend conscience des liens tissés entre ses patients, par hasard. Les problèmes de certains, de simples malentendus, pourraient être résolus facilement, au détour d’une phrase, d’une parole libérée. La tentation est grande, mais la déontologie veille!
 

Un vaudeville parisien

Pour le meilleur et pour le dire, veut mettre en scène la nécessité de se raconter, de se confier, de s’ouvrir pour être heureux… Au centre de la scène, dans sa cabane de toile blanche qui, en s’éclairant, devient le cabinet de consultation de Mona la psychanalyste lacanienne, trop bavarde et adepte du “jeu de mot”. Elle reçoit des patients qui se connaissent, sans qu’elle ne le sache. Elle reçoit sans le savoir les 3 protagonistes de la pièce : Une hypersensible qui n’ose pas assumer ses intuitions et qui tombe éperdument amoureuse d’un homme vulnérable qui se réfugie dans le “non dit “,  sa meilleure amie parisienne libérée qui fera du fils du psy, son amant. Le spectateur le comprend vite, nous assistons à un vaudeville parisien bobo rehaussée de bons mots référents à la psychanalyse. bref quelque part entre Woody Allen et Labiche.

Libérez, délivrez…la parole!

La sympathique comédie qui nous fera sourire souvent et parfois rire, traite de la parole, de l’enjeu de la libération de la parole, de l’absence de communication et de ses conséquences : le quiproquo, la rupture affective, la réconciliation.
Comment aimer les autres si on ne s’aime pas soi-même ? Telle est la question à laquelle, les deux auteurs David Basant et Mélanie Reumaux tous deux coachs et spécialistes de la communication en entreprise veulent répondre. Ils mettent en scène l’impérieuse nécessité de se confier, de se découvrir, de se raconter pour pouvoir accéder au bonheur. La toile blanche translucide au milieu de la scène s’éclaire et devient cabinet de consultation de notre sympathique Mona qui sort de son code déontologique pour aider nos amoureux. Deux mondes coexistent : l’extérieur, royaume du non dit , du surmoi, du quiproquo et du vaudeville, et le cabinet qui s’éclaire pour de trop courtes séances où la vérité éclate, la parole se libère, la vérité profonde prend forme.

Un spectacle frais et pétillant

Dans cette fraiche comédie de rentrée, les deux auteurs assument  vouloir montrer que la libération de la parole “permet de pouvoir s’aimer soi, donc de pouvoir aimer les autres.” et souhaitent “réconcilier le rire et les larmes, la légèreté et la profondeur, en restant juste par rapport à la position de l’analyste, en demeurant accessible à tous, en assumant même une fin heureuse”. 

Balisé par les codes de la comédie romantique anglo saxonne  et ses péripéties prévisibles, ce spectacle frais et pétillant vaut pour son état d’esprit, le charme de ses 5 audacieux comédiens.

Mais..

L’affaire dure une petite heure vingt et défile vite. On confond cependant souvent vitesse et rythme et dialogue un peu convenu et véritable punch line humoristique.

Autre petit bémol, la mise en scène mériterait un peu plus d’exigence et de professionnalisme. Toutefois sans être  transcendante, « pour le meilleur et pour le dire » reste  un petit moment de théâtre léger et agréable, comme on les apprécie à la rentrée, et  que l’on vit avec plaisir avant d’aller gouter aux charmes du quartier des Abesses.

Notons que le personnage de Mona, la psy, est inspirée par Elsa Cayat, l’une des douzes victimes de la tuerie de Charlie Hebdo. 

Scénario: (2,5 / 5)
Décor: (3,5 / 5)
Interprétation: (3,5 / 5)
Mise en scène: (2,5 / 5)
Ambiance: (3,0 / 5)
 

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