Dieu s’ennuie dans son Paradis , il est las, usé, se sent inutile … Dieu doit trouver une occupation, casser sa routine,  trouver de nouveaux projets, croire de nouveau en lui. Il décide de revenir sur Terre, de chercher un travail et postule à une offre d’emploi.

Quand Dieu s’ennuie… 

Sa lettre de motivation est bien tournée, son CV impressionnant. Sa candidature est immédiatement retenue. Mais tout Dieu soit-il, il doit passer l’épreuve redoutée de l’entretien d’embauche.  Comme tous mortel, il a  rendez-vous avec un DRH pugnace (interprété par Didier Bénureau). Dieu se doit alors pendant 4 jours (quand même!!!) de faire ses preuves. Il va aborder ses forces, ses faiblesses, présenter son CV : “le CV de dieu”,  justifier de son oeuvre de ses expériences, de ses réussites et de ses échecs.  Dieu (interprété par Jean François Balmer) joue le jeu et se livre à un véritable bilan de compétence, avec une touche de mauvaise foi croustillante que l’expert en recrutement se fait une joie de « challenger » . En moins d’une heure trente (la durée de la pièce) Dieu devra justifier la genèse, les catastrophes naturelles, la surpopulation, la création de la femme, son fils indigne (Jesus) etc etc.

Un pitch génial… 

Vous en conviendrez, le pitch est génial, une bonne dose d’absurde, une idée inouïe! On espère évidemment assister à une sorte de “souper” burlesque relevé d’un zest de Ionesco.  Si l’on ajoute à cela que le texte est écrit par Jean-Louis Fournier, compère de Desproges et co-créateur de la mythique “minute nécessaire de monsieur Cyclopède”, nous sommes légitimement en droit de nous attendre en quelques sorte à l’extase théâtrale. Le casting semble formidable. Le duo  composé du fantastique Didier Bénureau, et de Jean François Balmer doit faire merveille et la pièce se tient au théâtre de la Pépinière qui brille par la qualité de ses choix artistiques et par la justesse de sa programmation (Monsieur BojanglesIntra muros d’Alexis Michalik) .

2 monstres sacrés sur scène et quarante minutes de surprises…

Nous avons aimé les quarante premières minutes pleines de surprises,  de trouvailles créatives (le CV de Dieu si lourd qu’il arrive sur un “Diable”), de répliques bien senties : “comment dois je vous appeler ? Monsieur Dieu ? Mon Dieu, comme le juron ? “. Quarante minutes durant lesquelles le rythme est au rendez-vous, le jeu d’acteur efficace,  la mise en scène “fait le job”. Quarante minutes où les ficelles ne sont pas encore visibles et durant lesquelles le public conquis d’avance  rit de bon coeur.

Des ressorts comiques trop sur-lignés

Mais voilà, la pièce s’essouffle! On sent que dans la salle, que les rires deviennent moins spontanés. L’extase n’est pas au rendez-vous. Peut être, avions nous trop attendu, de ce pitch alléchant, de ce thème génial. Mais nous devons reconnaitre à regret, que nous sommes un peu resté sur notre “faim”. Didier Bénureau  offre comme à son habitude une prestation remarquable, et fait tout ce qu’il doit faire pour “tenir” la pièce. Excellent dans son rôle de DRH pugnace et malicieux. Le texte, les dialogues souffrent, malheureusement, de trop de faiblesse pour réellement donner à cette pièce l’écrin comique que mérite son thème. On y évite tous les sujets “politiques”, clivants, grinçants, polémiques. L’auteur se contentant de capitaliser sur un anticléricalisme trop convenu à nos yeux. Ce faisant, le “CV de Dieu” manque trop de noirceur, de profondeur pour créer des ressorts comiques tangibles  pendant une heure trente. Les bons mots et il y en a,  sont malheureusement sur-joués, comme “surlignés”, presque “stabylobossé” par un mise en scène qui finit par être trop aguicheuse et fait trop systématiquement le pari de la répétition.

On y va pour : 

– le thème 
– les acteurs
– Un démarrage en fanfare. 
Scénario: (2,5 / 5)
Décor: (3,5 / 5)
Interprétation: (3,0 / 5)
Ambiance: (4,0 / 5)
Auteur : Jean-Louis Fournier
Artistes : Jean-François Balmer, Didier Bénureau
Metteur en scène : Françoise Petit

Durée : 1h15

Théâtre : Théâtre de la Pépinière

Jusqu’au 1er Décembre

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