Le pitch : Les parents de Camille, apprennent, par hasard, par la presse, que leur fils est homosexuel et compagnon d’un acteur en vogue.

Un sujet sérieux pour un moment joyeux !

Le sujet de l’homophobie reste un tabou pour beaucoup. L’auteur a décidé d’y consacrer sa plume. Bien sûr, la pièce parle d’homosexualité mais surtout du regard, souvent malveillant, qui l’entoure.

En tendant l’oreille, à la sortie de la salle, on constate que les situations décrites font échos… Une sorte de vent de liberté souffle, à la tombée du rideau. Comme si, enfin, on affrontait vraiment le sujet droit dans les yeux. Comme si, enfin, quelqu’un osait parler de cette discrimination subite quotidiennement en France en 2018.

Pour autant, si le fond est sérieux, la forme et le verbe sont fluides et drôles. Laurent Ruquier a décidé de rire de la situation et tourne au ridicule ce couple conventionnel, prisonnier d’idées reçues. La pièce a le mérite de parler vrai et d’affronter “les préjugés à la con, les clichés que l’on colporte de décennies en décennies” sur l’homosexualité.
L’auteur signe sa pièce par une tirade de Francis Huster, dont voici un extrait : “On aurait dû apprendre à nettoyer notre esprit, refuser notre tendance à la discrimination”.

Une mise en scène étonnante pour casser les stéréotypes

La pièce se joue en 4 actes. Les deux premiers se répètent à un détail près.

Durant l’acte 1, Francis Huster incarne le père choqué et déçu. Tout ce qu’il avait projeté sur son fils s’effondre en apprenant l’homosexualité de ce dernier. Bien évidemment, il rejette la faute sur sa femme, qui l’aurait trop “protégé”, avec un soupçon de mauvaise foi, fort plaisant. Au contraire Fanny Cottençon reste très ouverte au sujet de l’homosexualité de son fils.

Durant l’acte 2, Francis Huster comprend et accepte le choix de son fils. A l’inverse, Fanny Cottençon est beaucoup plus septique sur le choix de son fils.

La répétition des actes peut sembler didactique et autoritaire pour le spectateur. Reconnaissons qu’ainsi, par une mécanique empathique, le public est invité à prendre du recul  et se remettre en question si nécéssaire. Mais ainsi, par l’inversion des rôles permet de mettre en lumière les mécanismes inconscients liés à l’homophobie.

Nous nous permettons de relever le génie de Steve Suissa qui nous offre un jouissif décor design. Le plateau tournant produit, effectivement, un effet “whaou”  et nous enchante jusqu’à la dernière scène.

Une dualité exposée

Comme on le sait, le métier d’acteur consiste à s’imprégner de son personnage, des mois durant, avant la générale.
Saluons la prouesse des deux acteurs qui ont su s’imprégner deux personnalités contraires. Par leur travail, les deux acteurs incarnent, sous nos yeux conquis, avec inspiration et humour, deux personnages complexes et “contraires” et nous régalent du début à la fin.

Fanny Cottençon est délicieuse, sensuelle et apporte humanité et grâce, à la pièce.

Changez-vous les idées, changez d’idée, découvrez “Pourvu qu’il soit heureux”.

Ce qu’on a aimé :

  • Le choix du thème
  • Fanny Cottençon

Les mois :

  • Les clichés à répétition
  • Un peu moins drôle qu’on l’espérait

Scénario: (3,5 / 5)
Décor: (4,0 / 5)
Interprétation: (3,5 / 5)
Ambiance: (3,5 / 5)

Auteur : Laurent Ruquier
Artistes : Françis Huster, Fanny Cottençon, Louis Le Barazer
Metteur en scène : Steve Suissa

Durée : 1h25

Théâtre : Théâtre Antoine

Jusqu’au 30 Novembre

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